Infirmières : comment garder le moral ?

Si les enjeux de santé physique et psychologique du personnel infirmier concernent autant les responsables politiques, hospitaliers que syndicaux, au sein des équipes l’équilibre des infirmiers et des infirmières dépend de facteurs individuels déterminants. Lesquels ?

La reconnaissance

L’expression de la gratitude des patients et des familles est, de loin, l’une des premières sources de motivation des infirmières. « Les remerciements des patients et des proches me rappellent le sens et la valeur de mon travail », témoigne Maxime Bénard, infirmier aux soins intensifs du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

« Avoir fait de son mieux, voir qu’un patient est stabilisé, qu’un adolescent renfermé socialise enfin, qu’un enfant hospitalisé sourit à notre arrivée, voilà des choses qui remontent le moral ! », déclare Félix-Olivier Bonneville, infirmier en hémato-oncologie au CHU Sainte-Justine et vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS).

La reconnaissance, c’est aussi celle des pairs. « Mes collègues et moi avons la chance d’être de véritables collaborateurs des médecins, raconte l’infirmier du CHUM. Ils écoutent nos suggestions et nous font confiance. C’est extrêmement valorisant. »

L’entraide

Autre valeur phare : la solidarité. « Elle est essentielle à la qualité des soins donnés, au bien-être des soignants. Savoir qu’on peut compter professionnellement et moralement sur ses collègues, ça incite à ne pas baisser les bras malgré les difficultés du métier », déclare Maxime Bénard.

Nombreux sont ceux qui parlent de leur équipe comme d’une « seconde famille ». Entre collègues, se développent des réflexes d’entraide et une harmonie basée sur ce soutien mutuel. Selon Félix-Olivier Bonneville, « nous pouvons nous arranger quand l’un a besoin d’être remplacé. Cette solidarité assure une ambiance de travail saine et motivante. »

L’implication

Donner davantage de soi-même semble bien ironique dans les conditions d’exercice de la profession. Pourtant, s’améliorer professionnellement, veiller à sa santé physique et mentale, renforcer l’esprit d’équipe en dehors du service reviennent fréquemment dans le discours du personnel infirmier canadien. « Adhérer à la formation continue, c’est améliorer ses compétences, c’est être capable de prévenir certains problèmes médicaux et relationnels. C’est une façon de travailler son estime de soi », souligne Félix-Olivier Bonneville.

Pour Maxime Bénard, l’anticipation passe aussi par « le fait d’aller de l’avant, en proposant des solutions aux responsables. Nos chefs sont ouverts à nos suggestions, car eux aussi sont “en mode recherche de solutions”. »

Félix-Olivier Bonneville mentionne enfin l’importance d’initiatives « en apparence secondaires », mais aux bénéfices réels : « organiser des événements informels, comme des sorties culturelles, se retrouver après le travail pour se détendre, pratiquer un sport avec quelques collègues… »

 

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