Vers une meilleure intégration des professionnels de la santé formés à l’étranger

Les diplômés en sciences infirmières et les médecins formés à l’étranger constituent une main-d’œuvre non négligeable du système de santé canadien. L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) précise que sur les 82 198 médecins qui pratiquent au Canada en 2017, près de 26 % étaient formés à l’extérieur du pays.

ÉTAT DE LA SITUATION

La proportion de médecin étranger diffère nettement selon les provinces. Alors que cette moyenne monte à 38 % pour les médecins de Terre-Neuve-et-Labrador et à 46,5 % pour la Saskatchewan, la proportion est moindre au Québec. Les médecins qui rejoignent la Belle-Province ont toujours été moins nombreux, en proportion par rapport aux autres provinces, peut-être en raison de la langue française. Ils proviennent principalement de la France, du Liban, du Vietnam, de l’Égypte et des États-Unis.

Le “profil des médecins au Canada” publié en 2016 par l’ICIS (Institut canadien d’information sur la santé) précise que parmi les médecins de famille canadiens, 29% ont été diplômés à l’étranger. Pour les médecins spécialisés, ce pourcentage tombe à 24% pour les spécialistes médicaux et à 18% pour les spécialistes chirurgicaux. 

UNE INITIATIVE GÉNÉREUSE

Le gouvernement fédéral octroie annuellement, depuis 2005, 18 millions de dollars dans l’Initiative relative aux professionnels de la santé formés à l’étranger (IPSFE). Le but est de favoriser leur accès à l’évaluation et aux programmes de formation, pour ainsi espérer enrayer la pénurie de main-d’œuvre – même si le nombre de médecins au Canada poursuit sa progression (+ 2,9 % entre 2015 et 2016). Les professions concernées par ce programme sont la médecine, les sciences infirmières, les sciences de laboratoire médical, la technologie de la radiation médicale, la pharmacie, la physiothérapie et enfin l’ergothérapie.

 

… AVEC DES GESTES CONCRETS

Cette initiative, qui associe le gouvernement fédéral ainsi que les provinces et territoires, les établissements post-secondaires, les associations professionnelles et les organismes de réglementation du secteur de la santé, a vu se concrétiser divers projets tels que :

la mise en place de programmes pour les communautés linguistiques minoritaires, notamment des cours préparatoires aux examens;
des travaux d’harmonisation pour l’évaluation des PSFE;
des programmes de transition pour diverses catégories de professionnels de soins de santé formés à l’étranger;
la conception d’activités d’intégration (par le biais de précepteurs, de mentors).
Les fonds octroyés par l’IPSFE ont permis de financer 28 projets dans l’ensemble des provinces et territoires canadiens et de conclure quatre ententes avec des organismes ayant pour but de faciliter l’intégration des professionnels de la santé formés à l’étranger.

COMPLEXITÉ DES DÉMARCHES

Même si le Conseil médical du Canada apporte une contribution importante dans l’évaluation des médecins formés à l’étranger, il ne délivre pas les permis octroyant le droit d’exercer au Canada. Cet acte relève des ordres professionnels. Quelles sont les démarches qui attendent les diplômés internationaux en médecine (DIM)?

Depuis le pays d’origine

Il est bon de savoir que certaines démarches peuvent être effectuées par le DIM depuis son pays d’origine :

  • s’assurer que le diplôme local a été délivré par une faculté reconnue;
  • passer en ligne un examen d’auto-évaluation;
  • remettre les titres de compétences au Répertoire de compétences des médecins du Conseil médical du Canada (CMC);
  • passer l’examen d’évaluation du Conseil médical du Canada.

Une fois au Canada

Des évaluations supplémentaires pourront être exigées par les provinces et territoires canadiens tels que l’examen de la Collaboration nationale en matière d’évaluation (CNE) ou encore l’examen d’aptitude du Conseil médical du Canada (EACMC). De plus, une formation postdoctorale est demandée pour l’octroi d’un permis d’exercice de la médecine. Une fois arrivé au bout du tunnel, le DIM devra s’assurer de connaître ses obligations concernant la protection liée à la responsabilité médicale au Canada.

À regarder attentivement la complexité des tâches à entreprendre pour exercer la médecine au Canada, il est clair que le DIM doit être motivé, bien formé, mais surtout bien entouré pour gagner du temps dans ses démarches et ne pas se laisser décourager à l’idée de venir exercer la médecine au Canada.

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