Les défis de travailler avec une clientèle en fin de vie

Quel genre de personnalité faut-il pour travailler dans un centre de soins palliatifs qui accueille des patients en fin de vie ? Chantal Laferrière, directrice générale à la Fondation de la maison de soins palliatifs Source Bleue, nous éclaire sur la question.

À la différence des soins curatifs qui ont pour but de guérir une personne atteinte d’une maladie, les soins palliatifs ont pour objectif de procurer à la personne malade la meilleure qualité de fin de vie possible. Ainsi, le personnel des soins palliatifs cherchera à atténuer la douleur physique des patients jusqu’à leur décès, qui est inéluctable, tout comme à encadrer leurs besoins psychologiques, sociaux et spirituels.

Travailler en équipe

Pour arriver à offrir tous les soins dont les patients en fin de vie ont besoin, chaque centre de soins palliatifs a généralement recourt à une équipe interdisciplinaire parmi laquelle on compte notamment des médecins, des infirmières, des préposés aux bénéficiaires, des travailleurs sociaux, des massothérapeutes, des guides spirituels et des bénévoles. Bien que chacun joue un rôle différent auprès de la clientèle, « tous doivent être capables de travailler en équipe… ainsi qu’avec la mort », explique Chantal Laferrière. 

Compassion et respect

En effet, selon Chantal Laferrière, la principale caractéristique des employés œuvrant en soins palliatifs est d’être prêts, jour après jour, à faire face à la mort. « Également, ils doivent comprendre que, malgré la maladie et la mort annoncée, le patient est vivant jusqu’au bout. » D’où l’importance de voir ce dernier comme un individu ayant le droit de recevoir des services empreints de compassion et de respect. « Par exemple, si un patient désire rencontrer un prêtre ou des moines bouddhistes, il faut que le personnel fasse preuve d’ouverture d’esprit et acquiesce à la demande sans porter de jugement. » 

Deuil et empathie

Être prêt à travailler avec la mort ne signifie pas être sans peine. Ainsi, à chaque personne qui meurt, un deuil se vit. Par conséquent, l’un des défis pour l’équipe de soins est de créer une relation empathique avec chaque patient tout en gardant une saine distance émotionnelle. « Un équilibre qui n’est pas toujours facile à garder, affirme Chantal Laferrière. C’est pourquoi nos employés ne travaillent qu’à temps partiel. Ils ont ainsi le temps de “digérer les deuils”, de penser à eux et de se ressourcer. » 

Cela dit, au-delà des deuils consécutifs, la directrice générale insiste : « Côtoyer quotidiennement la mort fait réfléchir sur la façon dont on veut vraiment vivre sa vie. » Ce qui, à ses yeux, constitue une motivation et un cadeau inestimables.

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