Une première stratégie nationale sur la démence

Les chiffres sont alarmants : selon l’Agence de la santé publique du Canada, plus de 419 000 personnes âgées de plus de 65 ans sont atteintes de démence au pays. Avec le vieillissement de la population, les prévisions annoncent même une hausse de 20 % d’ici 2030. Les deux tiers des personnes touchées sont des femmes.

Face à ce constat inquiétant, Ottawa a décidé de réagir. Le 17 juin 2019, la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a présenté la première stratégie sur la démence pour le Canada. « Nous devons améliorer la qualité de vie des personnes atteintes », a-t-elle déclaré. Les objectifs affichés sont clairs : « Prévenir la démence, faire progresser les thérapies, trouver un remède, accompagner les patients et les aidants ».

Les mêmes soins pour tous
Jusqu’à présent, les maladies liées à la démence, notamment la maladie d’Alzheimer, ne bénéficiaient d’aucun plan d’action orchestré au fédéral. Mais certaines provinces avaient entamé des démarches pour une meilleure prévention de cette maladie (en Ontario, au Québec, en Nouvelle-Écosse, en Alberta et en Colombie britannique). Cette stratégie permettra donc à tous les Canadiens atteints de démence d’avoir le même accès aux services.

50 M$ en cinq ans
Une enveloppe de 50 millions de dollars a été annoncée pour les cinq prochaines années. Ce budget sera largement alloué à la recherche. La stratégie devrait aussi permettre de mieux former tous les intervenants. Ce financement s’ajoute à l’enveloppe prévue dans le budget de 2018 (20 millions de dollars sur cinq ans et 4 millions de dollars par année ensuite, pour l’investissement dans les communautés), a-t-il été précisé le jour de l’annonce par Ottawa.

Des impacts se feront sentir sur l’emploi. Sans citer de chiffres précis, la stratégie prévoit « une planification des effectifs pour s’assurer que le nombre et le type de fournisseurs de soins sont adéquats pour répondre aux besoins ».

Soulagement des familles
Ce plan d’attaque était attendu depuis longtemps par les professionnels de la santé et les familles concernées. « Il devient urgent de former le personnel de soins pour cette maladie et de préparer la société au défi que représente l’Alzheimer », a déclaré la directrice de la recherche et du développement à la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer, Nouha Ben Gaied.

Enfin, cette stratégie est l’occasion de « sensibiliser le public à la maladie d’Alzheimer et à toutes les formes de démence, poursuit Nouha Ben Gaied, afin d’éliminer les discriminations encore très nombreuses qui entourent ces maladies. »

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