Préposé aux bénéficiaires: un métier plus humain que nature

Empathie, compassion, altruisme : voilà les trois qualités primordiales d’un excellent préposé aux bénéficiaires. Au-delà du savoir-faire, c’est le savoir-être qui compte dans cette profession qui est en fait une vocation.

« Il faut savoir s’oublier pour prendre soin des autres », nous dit Émilie, début quarantaine, qui a été préposé aux bénéficiaires dans un CHSLD pendant toute sa trentaine. L’empathie est effectivement la première qualité du préposé, qui se décline en de nombreuses attitudes professionnelles : le calme et la voix posée et rassurante, la patience devant la difficulté qu’ont certains patients à faire des gestes quotidiens, la discrétion et la douceur au moment de laver les patients et de s’assurer de leur bonne hygiène générale, l’écoute de leurs besoins et une sorte de sixième sens qui permet de les anticiper ou de poser les bonnes questions pour les détecter. « On doit être une personne dont l’énergie est bien canalisée, parce qu’il y a des situations frustrantes au quotidien et beaucoup de colère de la part de certains résidents. Il faut être à l’aise avec les émotions fortes et savoir les dompter. »

De l’importance des relations humaines

« On en parle moins, ajoute Émilie, mais je dirais qu’il faut aussi de la diplomatie dans les rapports avec les familles des aînés à qui nous prodiguons des soins. En fait, la bonne communication est une compétence essentielle dans toutes les sphères de notre travail. Il faut savoir communiquer avec le patient au moment des soins, pour le rassurer, le sécuriser et lui faire sentir qu’il ne perd pas le contrôle. On doit également établir une communication exemplaire avec le personnel soignant, à qui on doit signaler toute anomalie afin de planifier les soins. Il faut finalement savoir rassurer les familles et autres visiteurs, qui posent avec raison de nombreuses questions sur l’état de santé de leurs proches en CHSLD. »

Le métier de préposé aux bénéficiraires est constitué d’une accumulation de petits gestes : nourrir, laver, habiller, déshabiller. Rien de si simple, pourtant, car il faut savoir donner à chacun de ces gestes un supplément d’âme. « Chaque geste doit être le plus humain possible, explique Émilie. Il faut être plus précautionneux que la normale. »

Enfin, le préposé aux bénéficiaires doit faire preuve de résilience, s’armer d’une certaine spiritualité ou d’un tempérament de philosophe, pour savoir composer avec la mort des patients et pour demeurer professionnel dans un contexte de fin de vie. « On est en contact étroit et quotidien avec la maladie et la mort, précise Émilie. Pour traverser ça avec une certaine sérénité, pas le choix d’être psychologiquement solide… »

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