Travailler dans un service psychiatrique: Gros plan

Le quotidien des infirmiers et infirmières qui travaillent auprès des patients atteints de maladie mentale n’est pas facile. Pourtant, ils ont choisi d’exercer ce métier. Quels sont leurs défis et leurs motivations?

Combattre les préjugés

« Certaines infirmières pensent que leurs collègues en psychiatrie perdent leurs compétences en soins physiques. C’est évidemment faux. Elles assurent ces soins comme dans d’autres services », affirme Lorraine Plante, adjointe à la direction des soins infirmiers et des services multidisciplinaires de L’Institut Philippe-Pinel de Montréal. « J’explique aussi aux étudiantes infirmières que les enjeux en santé mentale ne se limitent pas aux unités psychiatriques », ajoute-t-elle. Aider un patient à se rétablir implique évidemment autant son intégrité psychologique que physique.

Un indispensable travail d’équipe

Si le travail de liaison avec les médecins est similaire à celui des autres services hospitaliers, en milieu psychiatrique le personnel infirmier est amené à travailler chaque jour avec plusieurs autres intervenants : sociothérapeutes, psychiatres, agents d’intervention, psychologues, cadres infirmiers, etc. « Exercer au sein d’une équipe multidisciplinaire, c’est vivre une expérience professionnelle et humaine extrêmement riche, explique Mme Plante. Ce travail de collaboration est d’ailleurs la condition de l’amélioration de l’état d’un patient. »

Des défis quotidiens

La mission de l’Institut Philippe-Pinel en fait un établissement hospitalier canadien unique. Le rôle et l’expérience du personnel infirmier psychiatrique sont particuliers. Ils le sont davantage en psychiatrie légale, dans la mesure où les 600 patients qui sont soignés chaque année à l’Institut sont atteints de maladies mentales associées à des comportements violents. « Environ 85 % de nos patients sont des détenus. Leur réadaptation exige de la part des soignants beaucoup d’empathie, de recul et d’intérêt pour l’être humain en général, soutient Lorraine Plante. L’infirmière a un rôle de pivot : c’est souvent elle qui rassemble, qui contribue à ce que les problèmes de dangerosité psychiatrique ne nous fassent pas oublier qu’on travaille avant tout au mieux-être du patient. »

Un travail valorisant

Si la relation avec le patient peut être intense, voir celui-ci partir d’une situation très lourde, puis évoluer durant son hospitalisation, représente une réelle satisfaction. « Même si travailler en équipe est exigeant, les résultats obtenus sont une importante source de motivation », déclare l’adjointe à la direction.

« Entre professionnels, beaucoup de liens de respect et d’estime se créent, conclut Lorraine Plante. J’entends souvent dire que l’Institut est bien plus qu’un établissement et qu’y travailler, c’est comme faire partie d’une grande famille… »

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